L’Acadie : son histoire, sa modernité et ses symboles
L’Acadie est l’une des premières tentatives de colonisation du Nouveau Monde. Son histoire débute en 1604, lorsque Dugua, Sieur de Mons, Samuel de Champlain et Poutrincourt, accompagnés de 80 colons français, s’installent sur l’Île Sainte-Croix (située entre l’actuel Nouveau-Brunswick et le Maine). Un an plus tard, ils fondent Port-Royal, en Nouvelle-Écosse, premier établissement français permanent en Amérique.
Des familles venues du Poitou et d’Anjou, des pêcheurs basques et bretons et même quelques Écossais s’installent ensuite non loin de là, autour de la baie de Fundy.
L’agriculture est pratiquée activement, du bétail étant importé et des moulins construits. Les Acadiens utilisent une technique d’agriculture unique en Amérique du Nord, soit l’assèchement des marais par des levées munies d’aboiteaux. Le système est très efficace contre les fortes marées de la baie de Fundy. Les premiers aboiteaux sont construits durant les années 1640, puis la technique se répand sur son littoral jusqu’au 18e siècle.
Très rapidement, cette petite nation se trouve confrontée aux guerres que se livrent les puissances européennes et en 1755 les premières déportations commencent. C’est le Grand Dérangement. L’Acadie est rayée des cartes géographiques et ses habitants sont déportés dans plusieurs colonies britanniques d’Amérique du Nord et pourchassés pendant huit années complètes, devant tant bien que mal s’accoutumer à d’autres cieux.
Pourtant, ils s’accrochent à leur identité et à leur histoire et, ce faisant, continuent de faire grandir l’Acadie. Ce n’est qu’en 1763 que l’Acadie, pratiquement détruite, reprend vie.
Au Nouveau-Brunswick, les Acadiens s’installent surtout le long des côtes, de Cap-Pelé à Miscou et à l’intérieur des terres jusqu’à St-Jacques, au nord-ouest de la province. En Nouvelle-Écosse, ils prennent racine à la Baie Ste-Marie et au Cap Breton, tandis qu’à l’Île-du-Prince-Édouard, on les retrouve initialement dans la région Évangéline et à Terre-Neuve, sur la côte ouest de la province.
L’Acadie moderne
Le Collège de Memramcook et l’Université Sainte-Anne, fondés à la fin du 19e siècle, donneront à l’Acadie un souffle nouveau. Par le fait même, l’Acadie entrera dans l’ère de la modernité, accomplissant un progrès déterminant en matière d’éducation, de justice sociale et de droits linguistiques. Dans les années 1960, l’Acadie se sent pousser des ailes. Le Canada proclame en 1969 sa Loi sur les langues officielles, une initiative suivie, la même année, par la province du Nouveau-Brunswick sous la gouverne de Louis J. Robichaud. Le bilinguisme officiel donne aux Acadiens et Acadiennes, partout dans la région Atlantique, un levier pour obtenir des institutions postsecondaires, créer leurs propres associations, organismes de revendications et de développement.
Dorénavant, l’Acadie est en mesure de former elle-même ses enseignants et ses élites. Ses collèges deviennent des universités – l’Université Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse et l’Université de Moncton au Nouveau-Brunswick. L’Acadie dispose de nombreux journaux, Radio-Canada s’y installe. Des artistes acadiens de plus en plus nombreux expriment fièrement une identité gagnée de haute lutte.
L’Acadie est aujourd’hui une société moderne et diverse, à l’image d’un peuple qui a su se tenir debout face à l’adversité.
L’Acadie du Canada atlantique compte aujourd’hui plus de 300 000 Acadiens et Acadiennes fiers et forts de leurs origines.
Symboles de l’Acadie
Les symboles tels que les armoiries, les drapeaux et les devises servent de moyens d’identification aux pays, aux nations, aux groupes, aux institutions, aux familles et aux individus. Ces symboles reflètent leur histoire, leurs valeurs et leurs traditions.
Les premiers nationalistes acadiens ont donné à l’Acadie les premiers symboles officiels de son identité culturelle. À la Convention nationale acadienne de Memramcook, au Nouveau-Brunswick, tenue en 1881, les délégués choisissent une date en guise de fête nationale de l’Acadie. À la deuxième Convention nationale qui a eu lieu à Miscouche, à l’Île-du-Prince-Édouard, en 1884, ils choisissent un drapeau, un hymne national, une devise et un insigne. Ces symboles deviennent une manière de stimuler le sentiment d’appartenance au peuple acadien.

Lors de la Convention nationale de Miscouche, les délégués adoptent un drapeau et optent pour le tricolore français avec une étoile dorée dans la partie bleue.
La proposition explique la signification du drapeau : « Que le tricolore soit le drapeau national des Acadiens-français. Comme marque distinctive de la nationalité acadienne, on placera une étoile, figure de Marie, dans la partie bleue, qui est la couleur symbolique des personnes consacrées à la Vierge sainte. Cette étoile Stella Maris, qui doit guider la petite colonie acadienne à travers les orages et les écueils, sera aux couleurs papales pour montrer l’inviolable attachement à la Sainte Église, notre mère.» (Le Moniteur acadien, le 28 août 1884)
