1719: Michel-Philippe Isabeau entreprend la construction de la forteresse de Louisbourg.
1730: Le lieutenant Lawrence Armstrong commence à octroyer des terres à des colons bostonnais mais refuse d’en faire autant pour les Acadiens dont la population s’accroît sans cesse.
1733: Le premier phare de l’histoire du pays entre en opération à Louisbourg. La construction du phare a été financée par la France.
1738: Malgré l’interdiction des autorités anglaises, plusieurs Acadiens quittent Nova Scotia pour aller s’établir en territoire français, dans l’actuel Nouveau-Brunswick et sur l’Île Royale où les Français ont construit la forteresse de Louisbourg. Ces régions deviendront connues sous le nom de «nouvelle Acadie».
1744: L’abbé LeLoutre, à la tête d’un groupe de guerriers micmacs, tente d’assiéger Port-Royal sans succès.
1749: L’Acadie, maintenant rebaptisée Nova Scotia, est l’objet d’un nouveau plan de colonisation de la part de l’Angleterre. On envoie 2500 colons anglais, irlandais et allemands. On fonde également Halifax qui deviendra le siège du gouvernement colonial. Plusieurs milliers d’Acadiens émigrent vers les terres françaises de l’île Saint-Jean (aujourd’hui rebaptisée Île-du-Prince-Edward).
1750: Le premier observatoire astronomique de l’histoire du pays est construit à Louisbourg par le marquis Chabert.
1750: Les Anglais construisent le fort Lawrence en face des forts français Beauséjour et Gaspareaux. Cinq ans plus tard, Monckton et ses hommes attaquent et capturent Beauséjour qui sera rebaptisé fort Cumberland. C’est la fin de la nouvelle Acadie.
1755: Le Grand Dérangement ou La Déportation des Acadiens. Le gouverneur Charles Lawrence et le colonel Robert Monckton ordonnent qu’on s’empare d’environ 12 000 Acadiens qui seront expulsés de leur patrie. Les soldats anglais les entassent de force sur des bateaux pendant que la garnison britannique s’affaire à brûler leurs maisons et leurs granges. Les amants sont séparés, les familles déchirées. Plusieurs navires coulent emportant avec eux leurs passagers. Les survivants seront par la suite dispersés et abandonnés à leur sort dans les colonies de la côte est américaine, d’autres dans les Caraïbes et d’autres encore sur les côtes de la France. Plusieurs Acadiens se réfugient en Louisiane pour devenir les premiers Cajuns. Lawrence ordonne à ses hommes: «Vous devez faire tous les efforts possibles pour réduire à la famine ceux qui tenteront de s’enfuir dans les bois.»
1755-56: Le gouvernement colonial de Nova Scotia donne les terres acadiennes à des colons anglophones protestants.
1756: Des milliers d’Acadiens s’enfuient vers Québec et l’Île Saint-Jean, les soldats anglais à leur trousse. Plusieurs d’entre eux mourront de faim et de maladies avant d’atteindre leur but.
1758: Depuis l’abominable exil des Acadiens, la population de l’Île Saint-Jean est maintenant d’environ 5000 personnes. Suite à la conquête de Louisbourg par les Britanniques, l’Angleterre prend possession des Îles Royale et Saint-Jean. Une seconde déportation est organisée. Les deux tiers de la population acadienne sont envoyés de force en France. Les autres réussissent à s’enfuir vers Québec ou Saint-Pierre et Miquelon. En 1768, un recensement révèle qu’il ne reste plus que 203 Acadiens sur l’île.
1763: Avec le traité de Paris, l’interdiction est levée et les Acadiens exilés sont autorisés à revenir s’installer en Nova Scotia. Certains Acadiens reviennent à pied d’aussi loin que la Georgie pour retrouver leur pays ancestral! Toutefois, on oblige ceux qui décident de revenir à jurer allégeance à la couronne britannique et à s’établir sur la côte rocailleuse et peu fertile de la baie Sainte-Marie (bien différentes des terres fertiles et riches qu’on leur a volées). Sans terres cultivables, plusieurs deviennent bûcherons ou pêcheurs. Entre 1755 et 1763, environ 10 000 Acadiens sont déportés lors du Grand Dérangement.
À cet endroit, la municipalité de Clare et une douzaine d’autres villages situés entre Saint-Bernard et Rivière-aux-Saumons (la «ville française») demeurent encore aujourd’hui un bastion important de la culture acadienne. Les toponymes francophones des villes, villages, rivières et lacs seront officiellement anglicisés par les politiciens au cours des ans mais les Acadiens utilisent encore aujourd’hui les appellations originales françaises. Elle demeure la région la plus résolument acadienne de Nouvelle-Écosse.
1769: Prince-Edward-Island (l’ancienne Île Saint-Jean) se sépare de Nova Scotia et devient une nouvelle colonie britannique. Les propriétés des Acadiens vivant sur l’île leur sont confisquées et les propriétaires (et fondateurs) deviennent simples locataires. Plusieurs décideront de quitter l’île suite à cette cruelle injustice.
1784: La province de Nova Scotia est divisée en deux, l’ouest est rebaptisé New Brunswick.

