Histoire de l’Acadie – Faits et dates historiques

Pour mieux comprendre la chronologie

par HC

1847: Le poète américain Henry Wadsworth Longfellow publie son célèbre poème «Evangeline, A Tale of Acadie». Le poème, basé sur l’histoire vécue d’Emmeline Labiche et Louis Arceneaux, raconte l’histoire de deux amants (Évangéline et Gabriel) séparés par la Déportation de 1755 à la veille de leur mariage. Évangéline tente de retrouver Gabriel toute sa vie et ils sont finalement réunis des années plus tard alors que Gabriel est sur son lit de mort. Ce poème devient un important symbole de la tragédie et de l’identité acadienne.

1854: Fondation du premier établissement d’enseignement supérieur acadien; le séminaire Saint-Thomas de Memramcook.

1867: Le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse deviennent des provinces fondatrices de la nouvelle fédération canadienne, avec le Québec et l’Ontario. L’Île-du-Prince-Édouard refuse d’abord de signer mais se ravisera quelques années plus tard.

1871: Avec le «Common School Act», le gouvernement du Nouveau-Brunswick abolit son soutien financier aux écoles séparées de langue française et catholiques, auquelles avaient droit les Acadiens. Tous les enfants devront aller à l’école anglaise. Cependant, les parents qui le souhaitent peuvent financer eux-mêmes leurs écoles, à condition de continuer à payer la taxe provinciale de l’éducation. En d’autres termes, ils devront payer deux fois! Il s’agit clairement d’une mesure d’assimilation dirigée contre les Acadiens de la province.

1872: George King, le procureur général à l’origine du «Common School Act», se présente aux élections provinciales. Tout au long de sa campagne, il exploite le ressentiment à l’égard des Acadiens catholiques. Son slogan: «Vote for the Queen against the Pope». Le préjudice religieux est bien ancré dans la population anglaise de la province car il remporte les élections avec une large majorité. Les Acadiens, qui représentent pourtant le tiers de la population, ne font élire que cinq députés qui sont en faveur des écoles séparées.

1875: Les Acadiens qui refusent de payer la taxe scolaire en guise de protestation sont harcelés. Un curé est même jeté en prison. La situation se détériore. En janvier de cette année, une émeute secoue Caraquet. On envoie l’armée pour rétablir l’ordre dans la ville. Bilan: deux morts, une vingtaine d’arrestations. Les journaux de St-John et de Fredericton promettent que des agissements semblables à ceux de Riel, au Manitoba, ne seront pas tolérés! Devant la situation explosive, le gouvernement de la province recule et permet que, «dans les régions où le nombre le justifie», les enfants francophones reçoivent une éducation catholique et française.

1877: Le «Public School Act» abolit l’enseignement du français à l’Île-du-Prince-Édouard (l’ancienne Île Saint-Jean).

1880: La société Saint-Jean-Baptiste de Québec invite les Acadiens à leur congrès annuel. Plusieurs se rendent à Québec pour l’événement et décident à leur retour d’organiser leur propre convention acadienne l’année suivante.

1881: Les Acadiens fondent la Société nationale de l’Acadie

1884: Lors de leur deuxième convention nationale tenue à Miscouche, les Acadiens se dotent officiellement de leur drapeau et de leur hymne national. Ils adoptent le tricolore français afin de souligner leurs origines et y ajoutent l’étoile acadienne dans le coin supérieur gauche (le bleu symbolise pour eux leur protectrice, la vierge Marie). L’étoile est jaune (la couleur papale) et symbolise l’attachement des Acadiens à l’Église catholique. L’hymne fait également mention de cette étoile qui guide le peuple acadien dans ses épreuves douloureuses.

1923: Pierre-Jean Véniot est le premier Acadien élu au poste de premier ministre du Nouveau-Brunswick.

1969: Le Nouveau-Brunswick devient officiellement bilingue.

1981: Le gouvernement du Nouveau-Brunswick vote la loi 88 qui reconnaît finalement l’égalité des deux communautés linguistiques de la province. Le Nouveau-Brunswick devient la première et la seule province canadienne officiellement bilingue. La même année, on permet enfin aux familles acadiennes de la Nouvelle-Écosse d’envoyer leurs enfants à l’école française. Auparavant, les enfants étaient obligés d’aller à l’école anglaise. Un petit collège religieux de Clare grandit pour devenir l’Université Sainte-Anne, la seule université francophone de la province.

1994: Le premier congrès mondial acadien a lieu au Nouveau-Brunswick. Des gens de partout dans le monde s’y rendent pour célébrer leur passé et leur culture. On qualifie l’événement de «plus grand rassemblement acadien depuis la Déportation». Il réunit environ 300 000 participants. Suite au succès de ce premier rassemblement, un second congrès mondial est organisé en Louisiane en 1999.

1995: Roméo LeBlanc est le premier Acadien nommé au poste de Gouverneur général du Canada.

1999: Le Sommet de la Francophonie a lieu à Moncton au Nouveau-Brunswick. Lors de l’événement, l’Anglo Society of New Brunswick, une association d’anglophones extrémistes, organise des manifestations contre ce qu’ils appellent «la prédominance du fait français au Nouveau-Brunswick» (même si les deux tiers de la population de Moncton ne parlent même pas français).

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